Nous avons rencontré Barbara à Lisbonne, dans son atelier intime et silencieux.
Ce qui nous a touchés, c’est sa manière de ralentir les gestes et de travailler avec ce qu’il reste.
Son travail transforme les reliquats en mémoire vivante : une transformation douce, engagée, profondément contemporaine.
Nous avons choisi Barbara PORTAILLER parce que sa pratique illustre parfaitement notre regard : rien n’est produit à partir de matière neuve, tout naît d’un reste, d’un fragment, d’un matériau destiné à disparaître.
Chaque geste et chaque pièce témoignent d’une cohérence rare, où la démarche et la matière s’entrelacent dans un dialogue subtil.
Dans son atelier, le temps semble circuler autrement.
Les gestes sont lents, attentifs, presque méditatifs, et chaque image, chaque objet, naît d’une transformation délicate entre mémoire et matière.
Chez Narratives, nous aimons partager ces découvertes et créer des passerelles entre artistes et collectionneurs, pour que ce travail sensible trouve un écho, et que la matière racontée par Barbara continue de vivre ailleurs.
« Je crée mes œuvres en suivant le cycle complet des quatre saisons, afin d’utiliser le minimum de ressources et d’offrir l’expérience artistique la plus riche possible. »
BARBARA PORTAILLER
Manera Magazine, Mai 2025
Barbara pratique l’art circulaire : un travail ancré dans les rythmes naturels, où matières et mémoires se transforment au fil des saisons.
Elle collecte les reliquats : fragments, souvenirs, déchets, toujours des matériaux usés avant qu’ils ne soient jetés, c’est-à-dire avant qu’ils ne soient souillés, et les réactive en images et installations, souvent réimprimées sur des matériaux du quotidien : marbre, tissus, bois, fragments organiques…
Ce processus implique un travail supplémentaire de mise en réseau et de déplacements, participant à un impact écologique plus positif.
Chaque geste et chaque pièce témoignent d’une cohérence rare, où la matière devient récit et chaque fragment prend vie. C’est un travail et un geste à la fois écologique, poétique et conceptuel, au cœur de ses œuvres comme de ses recherches (thèse et équipes de recherche art et société).
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L’art circulaire désigne une démarche artistique qui cherche à réutiliser, recycler et transformer les matériaux existants, pour prolonger leur vie et leur donner un sens nouveau.
Depuis plusieurs années, Barbara explore cette approche : un geste engagé, connecté aux rythmes naturels, où chaque cycle de quatre saisons transforme matière et mémoire.
Son travail questionne la valeur du reste et sa capacité à devenir support de mémoire.
Elle transforme le reste en mémoire, et la mémoire en matière vivante, donnant à chaque geste et à chaque fragment une nouvelle intensité et réciproque.
COMPRENDRE L’ART CIRCULAIRE
Les œuvres naissent d’un travail patient de collecte et de transformation.
Les images sont imprimées sur des surfaces récupérées, parfois irrégulières : marbre, textile, papier…
Le cyanotype, exposé au soleil, inscrit la lumière dans la matière et devient un véritable collaborateur, révélant textures, traces et reliefs.
La matière conserve les traces du temps, chaque geste mettant en lumière l’histoire du support.
Le processus est lent, organique, circulaire.
Chaque contact entre geste, lumière et matière, transforme le fragment en empreinte vivante, où mémoire et matière se rencontrent.
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Le cyanotype est une technique photographique ancienne qui utilise la lumière naturelle pour fixer l’image sur un support traité au fer.
Exposée au soleil, la surface se teinte d’un bleu profond, révélant les textures et reliefs invisibles à l’œil nu.
Pour Barbara, le cyanotype est un outil de transformation : il rend visibles les fragments collectés et la matière elle-même.
Chaque exposition devient un dialogue avec la lumière, où le geste et le cycle naturel font émerger une empreinte unique et vivante.
COMPRENDRE LE CYANOTYPE
“Ce qu’il reste de dimanches”
Dans cette série, Barbara cherche à conserver une trace matérielle de souvenirs immatériels, fragments du quotidien, pensées fugaces, gestes ordinaires.
“Jardin Planétaire”
Avec Jardin Planétaire, sa démarche s’étend à grande échelle : des œuvres textiles en cyanotype, imprimées sur des tissus upcyclés et exposées au soleil dans les jardins de Lisbonne.
Bienvenue dans l’atelier.
Ici, on entre comme dans une respiration. Un lieu fermé au bruit, ouvert aux gestes.
Ce lieu ne se raconte pas en grands mots. Il se lit dans les mouvements et dans les empreintes.
Des œuvres en devenir...
Ici chaque geste laisse une empreinte : il se cherche, s'interrompt... puis reprend.
Au sol, aux murs, suspendues : les œuvres ne "posent" pas.
Elles habitent, elles attendent, elles se transforment.
Partout, des traces : le sol marqué, les murs habillés, la matière qui conserve la mémoire.
Cyanotypes sur tissu, éclats de marbre. Étagères pleines, carnets entrouverts, appareils en veille. Tout est là : sources, matières, essais.
Chez Narratives, on ouvre cette porte-là : l'envers du décor, proche, sensible.
Presque une exclusivité. Un silence habité.
La rencontre entre Barbara et Narratives a donné lieu à la création d’un print exclusif.
Découvrez le processus complet en regardant la vidéo.
Ici, on suit la naissance d’un cyanotype : solution photosensible, UV, rinçage… et le bleu apparaît.
L’image est déclinée en plusieurs éditions, qu’on appelle “print”.
Un print, c’est une œuvre multiple : l’artiste crée une image, puis la décline en édition limitée (souvent signée, numérotée), pour rendre son travail plus accessible qu’une pièce unique.
Chaque print, réalisé à la main sur papier recyclé, présente des détails uniques.
Leur réalisation demande plusieurs semaines de travail : le temps de collecte du papier recyclé, puis d’imprimer avec la juste mesure de matière, de geste et de lumière, dans un rythme lent et doux, afin de respecter la délicatesse du papier recyclé.
Barbara réalise très peu de prints, par respect pour son processus lent et à faible consommation de ressources.
Edition limitée - 7 exemplaires encadrés disponibles.

