Nous avons choisi Liv-Mathilde MÉCHIN parce que sa pratique incarne une relation sensible au temps, au geste et à l’apparition.
Ce qui nous a plu chez Liv-Mathilde MÉCHIN, c’est la force silencieuse de son travail et sa manière de faire du dessin un espace d’apparition.
Rien ne semble figé au départ.
Un trait, puis un autre. Une surface blanche, progressivement habitée.
Un geste qui avance, s’arrête, revient, reprend.
Dans son travail, le dessin ne se projette pas entièrement.
Il se construit dans le temps, par accumulation, dans une attention lente, presque retenue, où le dessin semble avancer par fragments, par reprises, par intensités successives.
Ses œuvres ne cherchent pas à représenter un paysage. Et pourtant, le regard y voit apparaître des montagnes, des brumes, des écorces, des matières minérales ou organiques. C’est cette tension entre précision, patience et mystère que nous avons eu envie de raconter : le dessin ne montre pas, il suggère.
Chez Narratives, nous aimons ces œuvres qui demandent du temps.
Celles qui ne se livrent pas immédiatement.
Celles qui ouvrent un espace entre la matière, le geste et l’imaginaire de celui qui regarde.
Du fil au trait.
Du dessin à la matière.
Formée aux Beaux-Arts, l’artiste commence par le dessin, avant de s’en éloigner progressivement pour explorer le textile comme un langage. De ce parcours, quelque chose demeure dans sa pratique actuelle : une manière de construire l’image comme on tisse une matière, fil après fil, trait après trait. Le fil s’impose alors, au cœur de sa pratique.
Du costume à la maille, puis au design textile, il traverse ses projets et ses collaborations.
Aujourd’hui, elle revient au dessin avec l’envie de développer une pratique personnelle et d’en explorer les possibilités.
Dans ses dessins, quelque chose du textile persiste.
Le geste se répète, s’accumule, se construit.
Le trait avance comme un fil.
La surface se tisse dans le temps.
Un dessin tissé.
Stylo bille, graphite & densités.
L’outil apparaît presque par hasard : le stylo bille.
Pour la précision du trait.
Pour la richesse des densités.
Pour la possibilité de tout construire avec un seul médium.
Le stylo bille devient un outil de construction.
Le trait s’accumule, s’ajuste, se densifie, s’allège.
Toujours le même outil.
Et pourtant, chaque trait engage autre chose.
Une pression.
Une intensité.
Un passage plus léger, plus dense, plus appuyé.
Du stylo bille au graphite, l’outil évolue.
Le trait continue.
Depuis peu, le graphite entre dans la recherche.
Le stylo bille reste fragile, dans sa matière et sa conservation.
Le graphite ouvre d’autres possibilités : plus de matières, d’autres variations, d’autres textures, des traits plus fins, plus épais, plus gras.
Une discipline silencieuse.
Liv-Mathilde MÉCHIN compose des dessins d’une grande densité.
Le dessin avance par répétition.
Le même geste, encore et encore.
La main revient, repasse, insiste, dans un mouvement lent, précis, intuitif.
Chez l’artiste, le dessin demande du temps, de la patience et une attention continue.
Le corps reste presque immobile.
Seule la main poursuit son rythme.
Le poids du poignet se dépose.
La pression de la bille ou du graphite s’ajuste.
Le corps disparaît peu à peu, absorbé dans le geste.
À force de passages, le trait cesse d’être un simple trait.
Il devient surface, matière, rythme.
Il y a quelque chose de méditatif dans cette répétition.
Une discipline silencieuse.
Un geste lent, précis, presque hypnotique.
Le moment où la main ne dessine plus seulement une image, mais construit une présence.
Une bulle à l’usine Chapal.
Dans l’atelier de Liv-Mathilde, le dessin ne se projette pas.
Il apparaît.
Narratives a rencontré l’artiste à Montreuil, au sein de l’usine Chapal.
Un espace partagé, mais intériorisé.
Une zone de retrait.
Un rideau s’ouvre, se referme ; non pas pour montrer, mais pour préserver.
À l’intérieur, une bulle.
Même entourée, l’artiste est seule dans ce qui se joue.
Elle laisse le dessin advenir.
S’en éloigne, s’arrête, y revient, reprend…
Ce mouvement de va-et-vient fait partie du travail lui-même.
Le corps est engagé, mais semble disparaître dans le geste. Ne restent que le papier, la lumière, le frottement de l’outil, et cette attention constante à ce qui est en train d’advenir.
Filmer cet espace, c’était suivre ce moment suspendu :
un mouvement intuitif, où l’on ne sait jamais vraiment où le trait va mener,
mais où, par accumulation, quelque chose finit par apparaître.
Dessins tissés.
Dans la série Parcelle, l’artiste compose des dessins qui laissent le regard entrer.
Le regard s’approche, circule, s’attarde.
Il passe d’un détail à une surface, d’une densité à une respiration, d’un rythme de trait à une forme qui apparaît.
Peu à peu, le trait cesse d’être une ligne.
Il devient surface vivante.
Bleu, vert, rose : les œuvres se déploient en variations de densité.
Le dessin se tisse dans des pleins et des vides, des intensités et des rythmes de trait.
Chaque Parcelle ouvre une destination possible.
Un paysage, un nuage, une forme organique, une cascade, une matière minérale.
Rien n’est posé au départ comme une image à représenter.
Le dessin se construit par accumulation, et ce que le regard perçoit ensuite relève d’une apparition.
Quelque chose finit par surgir dans le dessin.
Une présence. Un territoire. Un paysage intérieur.
Parcelle Bleu.
(g.I) 2025. Stylo bille sur papier
70×120 cm
Parcelle Rouge.
(m.3) 2024. Stylo bille sur papier
35×40 cm
Parcelle Noir.
(m.2) 2024. Stylo bille sur papier
35×40 cm
Parcelle Bleu.
(m.II) 2025. Stylo bille sur papier
50×60 cm
Narratives x Liv-Mathilde MÉCHIN
Avec ce print exclusif, Narratives prolonge la rencontre avec l’artiste.
Un format à collectionner.
Une entrée dans son univers.
Un fragment de dessin, de temps et de matière.
On y retrouve ce qui traverse son travail :
la précision du trait, les passages répétés,
les variations de densité, la lumière qui révèle la surface.
De près, le regard suit les lignes, les nuances, les détails apportés par l’outil.
De loin, quelque chose apparaît.
Un paysage peut-être. Une matière. Une présence.
Un print pensé comme une invitation à regarder lentement.
L’oeuvre racontée.
Dans cette parcelle, Liv-Mathilde avance de manière intuitive, sans intention arrêtée.
Tout commence par un point d’entrée dans la page.
Puis par l’apparition progressive des traits.
Elle parle d’une bibliothèque de traits.
Des gestes qu’elle réactive : frottements légers, ondulations, dégradés, variations d’épaisseurs.
Une écriture du dessin faite de répétitions et de nuances, où le temps devient matière.
Le geste est répétitif, sans image figurative préalable.
Le dessin se construit par accumulation.
Et ce que le regard perçoit ensuite : paysages, nuages, formes organiques, cascades, relève d’une apparition.
Quelque chose qui ne fait pas partie de l’intention de départ de l’artiste, mais qui finit par surgir dans le dessin.

